Un mois de stage au NOTEL, un projet des spiritains à Cologne

Le NOTEL, un projet initié par les spiritains en Allemagne il y a 20 ans, n’est pas un lieu de thérapie, ce qu’il offre commence auparavant : c’est l’accompagnement de ceux qui consomment jour après jour. Pour qu’ils ne meurent pas dans les rues, tout simplement. Pour qu’ils trouvent, au moins pour une nuit, un lieu de repos et de récupération – et un tout petit peu de leur dignité humaine que la drogue détruit plus vite que le corps.

Olaf Derenthal  

Olaf Derenthal est un spiritain allemand en formation à la communauté de la rue Erasme (études de théologie) à Paris.

Après une première année d’études à l’Institut Catholique de Paris, j’ai profité des vacances pour plonger dans un monde qui m’était tout à fait inconnu jusqu’ici : celui des personnes dépendantes à la drogue.

La vie est dure pour ceux qui sonnent tous les soirs à la porte du NOTEL (mot composé de « Not » = misère et « Hotel »= hôtel), un accueil de nuit pour des SDF toxicomanes.

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Ils vivent dans la rue, ils consomment de l’héroïne ou d’autres stupéfiants. Derrière eux, malgré le jeune âge de la plupart, se trouve déjà une vie en chute libre : une enfance difficile, des expériences d’abus sexuel, de criminalité, de dettes, de divorce… bref : des rêves cassés.

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Le seul refuge, c’est la drogue. Même si tout s’est écroulé pour ces personnes et que tout le monde les a abandonné, l’héroïne reste le seul ami, parce qu’elle crée un monde illusoire, au moins pour quelques heures dans la journée. Certes, son prix est cher. On se livre donc à la petite délinquance, au trafic de drogue et à la prostitution.C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’Oliver, de Samuel, de Ralf et de tant d’autres.

Ils arrivent à partir de 20 heures, ils prennent une douche, ils mangent – très souvent, c’est le seul repas dans la journée –, ils fument, ils se couchent. Chaque nuit, ils sont une quinzaine de personnes.

Notel, Januar 2011

 

 

La nuit tombe. Je lave leur linge. Les habits sont sales quand on vit dans la rue… Parfois, l’un d’entre eux ne trouve pas le sommeil, malgré la drogue consommée juste avant d’entrer dans le NOTEL.  Un jeune homme sort donc de son dortoir pour chercher une cigarette. On commence à parler. Il me parle de ses deux enfants qu’il n’a pas vus depuis si longtemps.

La nuit suivante, j’apprends d’un autre qu’il a été peintre en bâtiment, avec sa propre petite entreprise. Aujourd’hui, il ne lui en reste plus rien. Un troisième me décrit le quotidien à la prison. A 35 ans, il a passé 11 ans de sa vie derrière les barreaux.

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Le matin se lève. Les hôtes aussi. Ils prennent encore un café, puis ils sortent vite. Il faut se donner une autre injection d’héroïne. La dépendance ne laisse pas de répit.

Olaf Derenthal cssp

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