Fraternité par delà les âges à Wolxheim

Rencontrer des aînés pour repenser sa vie

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« Nous avons découvert des personnes pleines d’expériences et passionnées par leur mission ! ». C’est avec ces mots pleins d’enthousiasme, que Nicodème, un jeune du foyer spiritain de Strasbourg, résume la visite rendue à la communauté d’ainés de Wolxheim le samedi 18 janvier 2020. Accompagné par les Pères Landry N’nang Ekomie et Simplis Lakshi, le foyer spiritain de Strasbourg a inscrit dans son programme d’année la rencontre des communautés spiritaines de l’Est. « L’idée est de donner à voir la diversité de leurs missions et de leurs visages », selon le père Landry.

Briser la glace

Première visite des jeunes du foyer : la Maison saint Léon de Wolxheim. Avec trois jeunes du Foyer et un ami de l’université, le Père Landry part à la rencontre des ainés. Un temps brumeux, froid et humide, au départ de Strasbourg. Le décor laisse entrevoir une palpable appréhension de désespérance. L’atmosphère à Saint Léon respire pourtant la joie, dès la porte d’entrée franchie. La communauté de Wolxheim est ravie d’accueillir des jeunes hommes curieux de les écouter raconter leurs riches expériences missionnaires à travers le monde entier.

« Lorsque deux générations aussi différentes se rencontrent, ce sont deux mondes apparemment éloignés qui se rejoignent » affirme d’ailleurs, ému, Jean-François, un autre jeune du foyer après le partage d’expériences missionnaires qui constitue la première activité de la journée.       

Des rêves accomplis dans la confiance en Dieu   

Assis à la même table avec la trentaine de pères, les jeunes posent des questions. Même les plus ‘’fatigués’’ interagissent. Certains sur leurs fauteuils roulants évoquent leur parcours. Des personnes dont la vie est totalement rythmée par le don de soi et l’annonce de l’évangile aux quatre coins du monde. « Il ne faut jamais renoncer à ses rêves tout en sachant que Dieu nous y accompagne. Car seul nous ne pouvons pas y arriver » lance le Père Henri Sutter, le supérieur de la communauté. C’est de cette confiance totale en Dieu que la vie du missionnaire se nourrit. A la question de Mathieu « pourquoi spiritain et pas autre chose ? » les pères répondent. « Au début on n’est jamais trop sûr mais des témoins spiritains nous donnent envie d’aller à la rencontre des peuples divers pour apprendre à devenir spiritain. » Les jeunes ont les oreilles attentives aux récits de ces religieux. Ils sont touchés par le service des plus pauvres là où l’Eglise a du mal à trouver et à envoyer des missionnaires. Cette envie pressante les a conduits surtout en Afrique avec pour principe de vie missionnaire l’invitation du Père Libermann, fondateur de la Congrégation du Saint Esprit à vivre avec les gens sans préjugés pour mieux les rencontrer, les connaître et cheminer ensemble à l’écoute de la volonté de Dieu.

« Nous avons rencontré de grands missionnaires »                          

Ce temps d’échange très instructif et motivant a laissé place à la célébration eucharistique présidée par le Père Landry et animée par le Foyer. S’en est aussitôt suivi un temps d’apéritif et le déjeuner.

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Ce fut un autre moment pour échanger et mieux découvrir l’expérience de ces infatigables missionnaires spiritains. « Ce qui m’impressionne c’est de voir l’envie de ces anciens de servir à nouveau. J’ai beaucoup appris de ces braves missionnaires pour penser ma propre vie. C’est très inspirant », a d’ailleurs reconnu Grégoire, un ami du P. Landry, venu vivre ce temps de découverte.         

C’est par une balade dans les sentiers de la maison Saint Léon et au cimetière de Wolxheim que s’achève la journée. « Ecouter ces pères parler fièrement de leur vie de missionnaires, nous incite à chercher et à bien accomplir la mission qui est la nôtre… Que Dieu nous y aide. » lance Nicodème à tous sur le chemin du retour à Strasbourg.

Entourée d’un beau parc arboré, la Maison Saint-Léon a la particularité d’accueillir des membres âgés de la Congrégation du Saint Esprit mais également des laïcs « autonomes». Une cohabitation enrichissante comme la rencontre intergénérationnelle vécue ce jour.

Nicodème ODOUNFA et P. Landry N’NANG EKOMIE

« Nous, les anciens, que pouvons-nous leur donner ? « Nous pouvons rappeler aux jeunes d’aujourd’hui, qui vivent leur propre mélange d’ambitions héroïques et d’insécurités, qu’une vie sans amour est une vie inféconde ». Que pouvons-nous leur dire ? « Nous pouvons dire aux jeunes qui ont peur que l’anxiété face à l’avenir peut être vaincue ». Que pouvons-nous leur apprendre ? « Nous pouvons apprendre aux jeunes trop préoccupés d’eux-mêmes que l’on fait l’expérience d’une plus grande joie à donner qu’à recevoir, et que l’amour ne se montre pas seulement par des paroles, mais aussi par des actes ». Extrait de Christus Vivit 197, pape François

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