2e jour : Rassemblés par un appel

Un appel à être ensemble : Szczepan à Kédougou (Sénégal)

 

L’identité de Jésus et sa mission de Serviteur s’est dévoilée à son baptême, dans la voix du Père et l’effusion de l’Esprit. Il entend la Parole du psaume (Ps 2) et du prophète (Is 42, 1-7) dans la bouche du Père qui s’adresse à lui de manière unique. Il est le Fils bien-aimé du Père. Il reçoit son peuple pour le guider sans s’imposer ; pour le libérer et le faire sortir des ténèbres.

Notre vie de religieux et missionnaire trouve sa source dans le baptême. Si nous sommes rassemblés en communautés spiritaines, c’est parce que nous avons pris conscience de la grâce de notre baptême. Dans la rencontre de Jésus-Christ et de son Évangile, nous avons découvert Dieu comme quelqu’un qui nous aime et nous appelle. L’Esprit a éveillé notre désir de lui répondre et nous a conduits à trouver notre place dans l’Église.

Cet appel et l’expérience spirituelle qui nous a amenés à y répondre sont ce qui nous lie profondément. C’est à la fois ce qu’il y a de moins communicable, de plus unique et en même temps ce qui nous donne de tenir ensemble, de nous reconnaître comme du même corps.
« Au cœur du peuple de Dieu… nous, spiritains, sommes appelés par le Père et « mis à part » pour annoncer à la suite de son Fils, la Bonne Nouvelle du Royaume. » RVS 1

La Parole de Dieu dans Mc 1, 9-11
En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ».

Notre appel selon le P. Libermann

Le parcours de Libermann pour découvrir son appel particulier a été un long cheminement, avec sa traversée du désert, mais aussi ses moments lumineux, comme son baptême ou la fête des saints Simon et Jude, en 1839, où il a reçu une « petite lumière » sur le projet de se joindre à l’« Œuvre des Noirs ». Ce jour est resté dans sa mémoire « comme l’un des plus heureux de sa vie » (Mémoire de Tisserant, ND I 650-651 ; Anthologie, p.99-100).

Dans sa méditation de l’Évangile de Jean 12, 20-21, où des Grecs demandent à « voir Jésus », il présente l’élection du peuple juif et la vocation missionnaire comme une oeuvre de la miséricorde de Dieu pour l’humanité :

« Dieu se choisit souvent dans le monde des peuples en particulier, pour leur communiquer des grâces et des dons spéciaux, dans un dessein de miséricorde pour tout ou pour une grande partie du genre humain. Il en est alors comme des hommes isolés que Dieu se forme ce qu’il comble de dons spéciaux pour le salut d’un grand nombre de leurs semblables… » Commentaire de Saint Jean 12, 20-21 (Édition Nouvelle Cité 1987, p. 732)

« Ces réflexions méritent de fixer l’attention des hommes choisis de Dieu pour évangéliser, pour sanctifier les peuples. La sainteté de Dieu se manifeste, se communique à eux sous forme de miséricorde, mais d’une miséricorde immense pour eux et pour un grand nombre. Dieu fait de leurs âmes un dépôt, un réservoir de sa miséricorde, d’où elle doit s’écouler dans les autres âmes et les remplir. Ses vues sur leurs âmes sont nécessairement des vues de prédilection et de sainteté, comme celles qu’il avait sur le peuple juif. S’ils sont fidèles, s’ils reçoivent ces grâces abondantes, ils se sanctifieront de plus en plus, et alors ayant répondu aux desseins de Dieu, ils sanctifieront un grand nombre… » (p. 734-735)

Notre vocation est née aussi du regard de compassion de Levavasseur qui est « touché » par la condition des noirs de son île. Dans le mémoire que Libermann présente au secrétaire de la Propagande, il utilise ce même mot : « Il y a environ deux ans que nous nous sentons touchés très vivement des grands maux qui accablent ces pauvres gens… ». Il voit là l’oeuvre de Dieu : « c’est Dieu qui a réuni nos esprits et les a touchés du salut des nègres… » (Lettre à Dupont, 1842, ND III, 93)

L’expérience spirituelle ouvre nos yeux sur nos frères et les événements du monde, nous fait sortir de l’indifférence et nous dispose au service.

Au-delà des tâches à accomplir, avons-nous le souci de maintenir vivant et fervent ce qui nous réunit et nous fait vivre ?
Sommes-nous à l’écoute de nos histoires, de nos parcours, de ce qui nous a conduits là où nous sommes ?

Dieu notre Père,
nous reconnaissons ta « miséricorde immense »
dans la grâce de notre vocation religieuse et missionnaire
et dans l’engagement de ceux et celles
qui nous rejoignent aujourd’hui.
Donne-nous d’y répondre avec fidélité
et dans « la ferveur de l’Esprit ».
Aide-nous à discerner tes appels
dans les « grands maux qui accablent » les hommes de ce temps.
Fais nous goûter à la joie d’annoncer l’Évangile
et de te servir dans nos frères et soeurs.
Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

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