1er jour : « il a révélé en moi son Fils »… Ga 1,16

Baptême à la paroisse spiritaine du Blanc-Mesnil

 

Libermann a fait un récit de sa « conversion » à M. Gamon, un sulpicien, qui l’a noté aussitôt après l’avoir entendu. Ce texte est bien connu. Dans le Commentaire de St Jean, en méditant sur l’aveugle-né et particulièrement sur le moment où Jésus lui révèle son identité, le P. Libermann fait une relecture de sa propre expérience, de son passage à la foi en Jésus-Christ. C’est un autre éclairage sur ce que nous appelons « sa conversion », un témoignage pour progresser dans notre propre foi et accueillir de nouveau la grâce, « l’illumination » de notre baptême.

La Parole de Dieu dans Jn 9, 35-38
Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle ». Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Commentaire de Saint Jean 9, 37 (Édition Nouvelle Cité 1987, p. 510-511)

« Notre-Seigneur, voyant (l’aveugle-né) si bien disposé et son âme ouverte et prête à recevoir sa divine parole, se découvre à lui et lui donne une connaissance entière de sa divinité. C’est une grande instruction qui nous est donnée dans tout cela. Tous ceux que Notre-Seigneur attire à lui, il leur donne au commencement une foi peu éclairée. Il faut au commencement obéir à la divine parole de la grâce que Notre-Seigneur nous dit, quoique sans comprendre, et se disposer par là à avancer davantage ; puis se donner à Notre-Seigneur de plus en plus avec la plus grande docilité, toujours sans rien voir, ou au moins sans voir bien clairement les choses ; car à mesure qu’on avancera, on verra davantage.

Ceux qui sont attachés à leur raison propre et qui craignent de se livrer trop (ce qui arrive toujours par amour propre ; on craint de se rendre méprisable ou peu estimable aux hommes, ou d’autres raisons d’amour propre semblable), ceux-ci ne parviendront pas à cette docilité parfaite de l’aveugle. Ils ne savent pas assez intimement qu’ils sont nés aveugles et que leur esprit n’est que ténèbres ; et ne parvenant pas à cette docilité, ils n’acquerront pas cette grande lumière intérieure, qui fait le bonheur des âmes parfaites et qui remplit l’âme d’une clarté céleste.

‒ Mais les âmes qui, dès ce commencement, renoncent à leur propre esprit, qui sentent le bonheur d’être guéris par Notre-Seigneur et qui se livrent entièrement et sans réserve entre ses mains, celles-ci reçoivent de grandes et abondantes grâces. Leur foi sera d’abord obscure comme chez les autres, mais leurs esprits seront disposés comme celui de l’aveugle, ils n’attendent qu’une parole de la bouche de leur libérateur et maître pour se donner à corps perdu entre ses mains. Aussi Notre-Seigneur fait tout à coup changer la face des choses, leur foi devient lumineuse, et ils apprennent, de la bouche de leur adorable Maître, des instructions divines qui les remplissent. ‒

Cela vient ordinairement après les croix qu’ils auront supportées avec courage et avec amour pour lui et pour son bon plaisir. »

La communauté nous aide-t-elle à grandir dans la foi ?
Nous arrive-t-il de partager notre expérience de foi : nos recherches, nos questions, nos « croix » pour continuer de croire, nos découvertes aussi, ce qui s’éclaire et se révèle dans notre vie missionnaire ?

Seigneur Jésus,
qui a rendu la vue à l’aveugle-né,
donne-nous ton Esprit Saint.
Qu’il nous dispose à recevoir ta lumière,
dissipe les ténèbres en nos coeurs,
nous rende dociles à ta Parole
et nous aide à nous donner
« à corps perdus entre tes mains ».
Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen

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