Teresa en marche vers le Mont saint Michel

Je suis Teresa, étudiante en orthophonie à Rennes, j’ai participé au pèlerinage des étudiants de l’ouest au Mont-Saint-Michel lors du week-end des Rameaux 2022.

A l’aumônerie tout le monde en parle comme le temps fort de l’année à ne surtout pas manquer ! Depuis plusieurs mois la date est bloquée dans mon agenda, je me suis inscrite sans hésiter ! Alors samedi matin à la fin de ma semaine de stage, j’enfile mon sac à dos sur les épaules et je rejoins les autres étudiants de Rennes sur la place de l’église Saint-Augustin.
Des bus nous attendent pour nous conduire à La Lucerne où nous retrouvons les étudiants des autres aumôneries de Bretagne. Nous sommes répartis en petits groupes constitués d’une dizaine d’étudiants chacun. Le déjeuner passé, nous entamons le premier temps de marche en groupe sous le soleil normand. Nous marquons des temps de pause le long du sentier pour échanger sur des passages de l’Ancien Testament, choisis pour le pèlerinage. On prend le temps de réfléchir à la manière dont ils raisonnent dans le monde actuel et dans nos vies d’étudiants. Chacun ose s’exprimer et écouter les autres, même si nous ne nous connaissons que depuis quelques heures.

La confiance s’est tout de suite installée entre nous. Nous arrivons dans l’après-midi à l’Abbaye de La Lucerne où nous retrouvons les étudiants normands pour les vêpres. Après une bonne tasse de soupe
lyophilisée et une petite sieste sur l’herbe, nous nous réunissons de nouveau à l’abbaye pour la veillée. C’est pour moi un temps fort du pèlerinage, je me retrouve parmi d’autres jeunes croyants pour prier et chanter ensemble. Ce soir, au milieu de plusieurs centaines d’étudiants, entre louange, adoration, sacrement de réconciliation et prière des frères, nous vivons un moment de paix.

A la nuit tombée, nous reprenons la route vers l’école ou nous allons dormir. Il fait froid mais au fur et à mesure du chemin nos pieds se réchauffent. Eclairée par la lumière de la lune, je discute avec mes voisins de route ou je marche en silence profitant du chant des derniers oiseaux éveillés ou celui des étudiants au répertoire inépuisable ! Sans vraiment nous en rendre compte nous avons marché pendant près d’une heure et demi.
Nous entamons notre deuxième journée de marche alors que le soleil n’est pas encore levé. Très vite nous apercevons à l’horizon le Mont-Saint-Michel mais il nous faudra quatre heures pour l’atteindre. Nous ne lâchons pas des yeux notre but, il semble à la fois tout proche et très loin. Les prés à perte de vue et ce paysage plat comparables au désert rendent difficile l’estimation de la distance qui nous reste à parcourir, alors je marche sans
réfléchir et laisse mes jambes suivre le cortège. Je discute avec mes amis qu’il m’arrive de perdre de vue dans le flot d’étudiants mais je ne reste jamais seule très longtemps.
Rapidement je fais la connaissance de nouvelles personnes. Chaque rencontre est joyeuse, bienveillante et touchante. On marche ensemble pendant quelques minutes ou sur plusieurs kilomètres. Les étudiants des Pays de la Loire nous rejoignent dans la matinée, nous prions ensemble le chapelet.


Les guides de la baie du Mont-Saint-Michel nous font passer par les prés-salés en raison de la faible température matinale. En effet, je ne suis pas mécontente de ne pas avoir eu à marcher dans une eau frôlant 0°C pour traverser la baie. Il faut parfois interrompre les chants ou les conversations pour sauter par-dessus les ruisseaux ou enjamber les clôtures où sont parqués les moutons de la baie mais au moins nous avons les pieds relativement secs !
Arrivés au Mont, nous sommes accueillis par l’évêque du Mans Mgr Le Saux. Alors, chacun se saisit de son rameau et nous commençons l’ascension vers l’abbatiale. La procession dans les rues étroites de l’îlot rappelle l’arrivée de Jésus à Jérusalem. La messe des Rameaux célébrée à l’abbatiale marque le point culminant de ce pèlerinage et l’entrée dans la Semaine Sainte. Mgr Le Saux nous invite, pendant cette semaine toute spéciale et dans notre vie en général, à nous présenter aux autres sans artifice et à accueillir l’autre tel qu’il est.
Ce rassemblement m’a permis de vivre la fête des Rameaux dans la joie, de prendre le temps de me ressourcer et de partager un bout de la route avec des personnes rencontrées pendant le week-end. Nous sommes rentrés à Rennes en fin d’après-midi, prêts à débuter la Semaine Sainte et à marcher désormais, non plus vers le Mont-Saint-Michel, mais vers Pâques !

Check Also

Des voeux éclairés par l’expérience du stage missionnaire

Cérémonie des voeux à la maison mère des spiritains, à Paris Gabriel Candieiro, angolais, 26 …